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Données préliminaires sur la sexualité des jeunes

Données nationales extraites des publications régionales des enquêtes Baromètre santé jeunes 2010 et KABP 2010 - Février 2012


Les ORS Ile-de-France et Pays de la Loire viennent de publier les volets régionaux des enquêtes Baromètre santé jeunes 2010 et KABP 2010 [évolution des connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH/sida]. Les données régionales sont comparées aux précédents résultats mais aussi aux données françaises.

En attendant les rapports complets de ces enquêtes qui doivent être publiés au cours du 1er semestre 2012, le CRIPS PACA a extrait de ces publications les données nationales intéressant la vie affective et sexuelle des jeunes.

BAROMETRE SANTE 2010
Vie affective et sexuelle, contraception et prévention des IST

L’âge médian au premier rapport sexuel
L’âge médian au premier rapport sexuel est l’âge auquel la moitié de la population a déjà eu un rapport sexuel.
En 2010, l’âge médian était de 17,1 ans pour les garçons et de 17,7 ans pour les filles.

L’utilisation du préservatif au premier rapport sexuel
L’usage du préservatif au premier rapport sexuel est un des indicateurs des démarches préventives adoptées par les individus.

En 2010, 90% des 15-25 ans ont déclaré avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rapport sexuel et 88% lors de leur premier rapport sexuel avec le nouveau partenaire qu’ils ont eu dans l’année.

Les pratiques contraceptives
En 2010, sur l’ensemble des femmes de 15 à 49 ans, non enceintes, sexuellement actives au cours des douze derniers mois, ayant un partenaire homme, 81,1% déclarent utiliser une contraception.

Répartition des différents moyens de contraception :
Si l’on regarde dans la population jeune, parmi les femmes sexuellement actives, déclarant utiliser systématiquement ou non, un moyen pour éviter une grossesse, on note que la pilule est le moyen de contraception le plus utilisé.

Il faut noter que, chaque fois que plusieurs méthodes contraceptives étaient citées, seule la plus fiable a été retenue dans les réponses ; par exemple, pilule et préservatif, seule la pilule a été comptabilisée. Ce qui explique le faible pourcentage d’utilisation du préservatif dans cette population jeune ; il ne s’agit que d’une utilisation exclusive du préservatif comme moyen de contraception.

En 2010, comme en 2005, le préservatif est plus souvent cité comme moyen de contraception chez les plus jeunes, de 15 à 19 ans.

En 2005, l’implant était rarement cité avec respectivement 0,8% pour les 15-19 ans et 0,9% pour les 20-24 ans. Pour mémoire, c’est en 2000 que l’implant a reçu une autorisation de mise sur le marché.

En 2010, même si la pilule reste le moyen de contraception le plus utilisé, les autres méthodes hormonales (implant, patch et anneau vaginal) représentent 2,8% des méthodes contraceptives utilisées par les femmes de 15-19 ans et 5,4% par les 20-24 ans.
Le patch et l’anneau vaginal ont été commercialisés en 2004.

C’est en 2007 qu’a été lancée la première grande campagne de l’INPES sur la diversité des moyens de contraception.

La contraception d’urgence
La contraception d’urgence est une méthode de contraception de rattrapage permettant d’éviter une grossesse non désirée après un rapport sexuel mal ou non protégé.

En 2010, parmi les femmes de 15-25 ans sexuellement actives :
- 42% déclarent avoir eu recours au moins une fois à la contraception d’urgence au cours de la vie
- 13% au cours de l’année
- 16% déclarent l’avoir pris plusieurs fois au cours de leur vie.

La mise en place de la contraception d’urgence date de 1999. Depuis sa mise à disposition, son utilisation est en constante augmentation. Le rapport de la DREES montre l’évolution de cette utilisation de 2000 à 2010. Parmi l’ensemble des femmes de 15 à 49 ans, en 2000, 8,9% déclaraient l’avoir pris au moins une fois dans leur vie, 15,2% en 2005 et 23,9% en 2010.

L’augmentation est encore plus importante chez les plus jeunes.

KABP 2010
Connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH/sida

Depuis 20 ans, les enquêtes KABP [Knowledge, Attitudes, Beliefs, Practices] évaluent périodiquement les connaissances, attitudes, croyances et comportements des Français face au VIH/sida et analysent l’évolution de ces données en les comparant d’une enquête à l’autre, mais aussi selon les tranches d’âge, le sexe ou encore le niveau d’études.

Connaissances et croyances sur le VIH
L’enquête KABP évalue les connaissances des Français par rapport aux modes de transmission du VIH en construisant un score de connaissances.

[Le score de connaissance est construit en additionnant les bonnes réponses relatives à ces modes de transmission. Il varie de 0 à 5. Plus il est proche de 5, meilleure est la connaissance des modes de contamination.]

Depuis 1998, le score de connaissances s’est stabilisé dans l’ensemble de la population de 18 à 54 ans à un haut niveau de connaissances à peu près équivalent pour toutes les tranches d’âge.

Mais l’évolution par tranches d’âge n’est pas homogène. De 1994 à 2010, le score de connaissance des 18-30 ans n’a cessé de décroître. En 2010, les 18-30 ans, ont le niveau de connaissance le plus bas, alors qu’au début de l’épidémie de sida dans les années 90, ce sont les plus jeunes qui avaient les meilleures connaissances.

Le préservatif et le VIH
La perception positive du préservatif est en progression constante depuis 1998 et stable chez les jeunes entre 2004 et 2010.

Cependant, on voit une opposition entre l’opinion positive à l’égard du préservatif et l’appréciation de son efficacité.

Depuis 1994, les Français sont de moins en moins nombreux à considérer le préservatif comme « tout à fait efficace pour se protéger du VIH ».

En 2010, ils sont presque deux fois plus nombreux (24,6% en 2010, contre 13,8% en 1994) à penser que la transmission du virus est possible lors de rapports sexuels avec préservatif.

La crainte du VIH/sida
En 2010, 1 personne sur 3 a déjà craint d’avoir été contaminée par le virus du sida. Cette proportion est en hausse constante depuis 1998 dans toutes les tranches d’âge.

Le regard porté sur les personnes séropositives
Le pourcentage de personnes chez les 18-30 ans déclarant connaître une personne séropositive ou malade du sida diminue de 24% en 1998 à 10,9% en 2010.
Les jeunes sont actuellement les moins nombreux à connaître une personne séropositive ou malade du sida. Cependant, parce que de nouvelles contaminations se produisent chaque année, et grâce aux traitements antirétroviraux, le nombre de personnes vivant avec le virus du sida augmente en France. Mathématiquement, la probabilité de connaître dans son entourage une personne séropositive aurait pu également augmenter au fil des enquêtes.

L’enquête KABP mesure le score d’opinion négative vis-à-vis des personnes atteintes par le VIH. D’une manière générale, l’opinion négative à l’égard des personnes atteintes par le VIH est faible et elle diminue de façon constante depuis 1994.

Cela ne signifie pas pour autant que la discrimination envers les personnes séropositives n’existe plus. Une certaine forme de discrimination à l’égard des personnes séropositives persiste, dès lors qu’il s’agit de circonstances impliquant un degré de proximité élevé, comme par exemple de laisser ses enfants ou petits-enfants avec une personne séropositive.

Le test de dépistage
Le nombre de personnes ayant effectué un test de dépistage, au moins une fois au cours de la vie, est en augmentation constante. Le taux est plus élevé chez les femmes, lié à la proposition systématique de test pendant la grossesse.


BIBLIOGRAPHIE

BELTZER N, SABONI L, SAUVAGE C, SOMMEN C
Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010
Paris : ORS Ile-de-France, 2011, 8 p.

BELTZER N, SABONI L, SAUVAGE C, SOMMEN C
Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida en Ile-de-France en 2010 : situation en 2010 et 18 ans d’évolution
Paris : ORS Ile-de-France, 2011, 153 p.

DIRECTION DE LA RECHERCHE DES ETUDES DE L’EVALUATION ET DES STATISTIQUES
Objectif 97. Problèmes de santé spécifiques à des groupes spécifiques. Contraception
in : L’état de santé de la population en France, rapport 2011 : suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique
Paris : DREES, 2011, pp. 330-331

ORS Pays-de-la-Loire
Baromètre santé jeunes, 15/25 ans : vie affective et sexuelle, contraception et prévention des infections sexuellement transmissibles, 2010, Pays de la Loire
Nantes : ORS Pays-de-la-Loire, 2012, 11 p.